Les travaux sont faits, l’appareil ronronne, vous déposez votre demande. Et vous recevez un refus. La subvention thermopompe Hydro-Québec reste un programme généreux, mais c’est un programme à conditions, et la plupart des refus tiennent à des détails qui se règlent avant l’achat, pas après.
Les modalités du programme LogisVert pour la clientèle résidentielle précisent que l’aide atteint 50 dollars par tranche de 1 000 BTU/h à moins 8 degrés pour un appareil certifié ENERGY STAR, et 120 dollars par tranche pour un modèle de type climat froid. L’écart entre les deux barèmes se chiffre en milliers de dollars sur un système complet. Voici ce qui fait dérailler un dossier, dans l’ordre où nous le voyons se produire.
Subvention thermopompe Hydro-Québec : le piège de la certification
C’est devenu la cause de refus la plus fréquente depuis le 26 novembre 2025. À partir de cette date, seules les thermopompes certifiées ENERGY STAR sont admissibles. Un appareil performant mais non certifié ne donne droit à rien, quel que soit son prix ou les arguments du vendeur.
Deuxième filtre, moins connu : l’unité extérieure doit afficher une puissance nominale d’au moins 12 000 BTU/h en mode climatisation. Les petits appareils destinés à une seule pièce tombent sous ce seuil et sortent du programme.
Troisième point, celui qui coûte le plus cher aux propriétaires mal conseillés : la différence entre un modèle ENERGY STAR ordinaire et un modèle classé climat froid. Le barème passe de 50 à 120 dollars par tranche de 1 000 BTU/h à moins 8 degrés. Sur un système de 30 000 BTU/h à cette température, l’écart dépasse 2 000 dollars. Avant de signer, vérifiez le modèle exact dans l’outil de recherche des thermopompes admissibles publié par Hydro-Québec. Pas la marque : le modèle, avec sa combinaison précise d’unité intérieure et d’unité extérieure.
Erreur numéro deux : une facture sans numéro de licence RBQ
Celle-là est brutale, parce qu’elle ne dépend pas de vous.
L’entreprise qui exécute les travaux doit être inscrite au Registraire des entreprises du Québec et détenir les licences appropriées de la Régie du bâtiment. Et son numéro de licence doit figurer sur la facture que vous transmettez à Hydro-Québec. Pas dans un courriel, pas sur une carte d’affaires : sur la facture.
Les sous-catégories exigées pour l’installation d’une thermopompe murale ou centrale sont précises. Il faut la 15.1, la 15.7 ou la 15.8, combinée à la 15.9 ou à la 15.10. Les travaux électriques exigent en plus la sous-catégorie 16. Un entrepreneur qui offre un service clé en main doit détenir l’ensemble de ces licences, à moins de posséder une licence d’entrepreneur général lui permettant de sous-traiter.
Vous pouvez tout vérifier gratuitement dans le registre public des détenteurs de licence de la Régie du bâtiment. Cela prend deux minutes et cela vous évite un refus à quatre chiffres.
Erreur numéro trois : faire remplacer une seule pièce du système
Le programme finance l’installation d’un système complet, pas une réparation déguisée.
Ne sont pas admissibles : le remplacement d’un seul serpentin, le remplacement d’un seul appareil intérieur, le remplacement d’un seul appareil extérieur. Si votre unité extérieure a rendu l’âme et que vous conservez l’intérieure, il n’y a pas de subvention.
Deux autres exclusions valent d’être connues. L’installation des appareils intérieurs hors du plan d’isolation, autrement dit dans un grenier ou un comble non chauffé, disqualifie le dossier. Et l’installation ou le remplacement d’une thermopompe centrale dans une habitation dotée d’un système géothermique n’est pas admissible non plus.
| Situation | Admissible | Ce qui bloque |
|---|---|---|
| Système complet neuf, ENERGY STAR climat froid | Oui, barème supérieur | Rien si la facture est conforme |
| Système complet neuf, ENERGY STAR standard | Oui, barème de base | Écart de 70 dollars par 1 000 BTU/h |
| Appareil non certifié ENERGY STAR | Non | Exigence en vigueur depuis le 26 novembre 2025 |
| Unité extérieure sous 12 000 BTU/h | Non | Puissance nominale insuffisante |
| Remplacement du serpentin seul | Non | Travaux exclus du programme |
| Appareils intérieurs installés dans le comble | Non | Hors du plan d’isolation |
| Centrale dans une maison géothermique | Non | Exclusion spécifique |
| Remplacement après un bris couvert par assurance | Non | Sinistre déjà indemnisé |
La ligne ENERGY STAR se vérifie modèle par modèle
Un piège qui mérite d’être nommé, parce qu’il touche des gammes très vendues au Québec. Au sein d’une même marque et d’une même série, certaines capacités sont certifiées ENERGY STAR et d’autres ne le sont pas. Il arrive aussi qu’une série complète, positionnée sur le prix, n’en porte aucune.
Ouvrez la fiche technique du modèle proposé et cherchez la ligne ENERGY STAR. Si elle est vide pour la capacité retenue, il n’y a pas de subvention, peu importe le rendement affiché ailleurs sur la page. Sur un appareil de 24 000 BTU/h classé climat froid, l’aide perdue dépasse largement l’économie réalisée en choisissant le modèle d’entrée de gamme.
Erreur numéro quatre : réclamer un appareil remplacé après un sinistre
Un compresseur qui lâche sous garantie, une unité extérieure détruite par un dégât couvert par votre assurance habitation : le remplacement qui suit n’est pas admissible. La logique du programme est de financer une amélioration énergétique volontaire, pas de doubler une indemnisation.
Même raisonnement du côté du cumul. Une même mesure ne peut pas être financée deux fois par des fonds publics. Contrairement à ce qu’on lit sur certains sites qui empilent les montants pour impressionner, additionner mécaniquement toutes les aides annoncées ne donne pas votre chèque. Et le programme fédéral Maisons plus vertes, qui apparaît encore dans quantité d’articles, n’accepte plus de nouvelles demandes.
Ce que vous pouvez cumuler, en revanche, existe bel et bien. Une demande qui regroupe plusieurs mesures d’efficacité énergétique donne droit à une bonification de 5 pour cent du montant total. Et pour les immeubles multilogements situés dans certaines zones, une bonification de 100 dollars par 1 000 BTU/h à moins 8 degrés s’ajoute au barème, portant le versement à 220 dollars par tranche pour les installations faites à compter du 15 juin 2026.
Erreur numéro cinq : négliger la paperasse
Hydro-Québec exige une preuve de propriété, soit le compte de taxes municipales ou la première page de l’acte de vente. Elle exige la facture d’achat et d’installation, laquelle doit contenir une liste précise d’informations : numéro et date de facture, date d’installation, nom du client, adresse d’installation, nom de l’entreprise, numéros de TPS et de TVQ, numéro de licence RBQ, description des travaux, numéro AHRI ou ENERGY STAR, et coût des travaux.
Elle exige enfin une photo nette de la plaque signalétique de l’appareil extérieur, montrant le numéro de modèle et le numéro de série. Une photo par modèle installé.
Notre conseil sur ce point est très terre à terre : prenez la photo le jour de l’installation, pendant que l’échafaud ou la neige ne bloquent pas encore l’accès, et rangez-la avec la facture. Le nombre de dossiers retardés parce que le propriétaire doit ressortir en février dégager une unité pour photographier une plaque est ahurissant.
Le calcul, pour que vous puissiez le refaire vous-même
Beaucoup de propriétaires découvrent le montant réel de leur aide au moment de recevoir le chèque. Il est pourtant calculable à l’avance, et cela vaut la peine de le faire avant de choisir entre deux soumissions.
Le barème ne porte pas sur la puissance nominale affichée en gros sur la boîte. Il porte sur la capacité de chauffage à moins 8 degrés, une donnée qui figure dans la fiche technique certifiée de la combinaison exacte d’unité intérieure et d’unité extérieure. Deux appareils vendus comme des 24 000 BTU/h peuvent afficher des capacités très différentes à cette température, et donc donner droit à des montants très différents.
Prenez cette capacité, divisez par 1 000, multipliez par 50 dollars si l’appareil est simplement certifié ENERGY STAR, par 120 dollars s’il est classé climat froid. Vous obtenez un ordre de grandeur fiable, à confirmer avec le calculateur du portail LogisVert.
C’est aussi ce calcul qui rend absurde la logique du plus gros appareil possible. Contrairement à l’intuition, surdimensionner ne maximise pas la subvention de façon rentable : vous payez un appareil plus cher, qui cyclera trop court, qui déshumidifiera mal en été et qui s’usera plus vite, pour un supplément d’aide qui ne compense jamais l’écart de prix. Le bon dimensionnement reste le bon dimensionnement, subvention ou pas.
Un mot sur les délais, enfin. Le programme impose une fenêtre pour déposer la demande après la fin des travaux. Passé ce délai, l’aide est perdue, sans recours. Notez la date d’installation dans votre agenda le jour même et fixez-vous un rappel bien avant l’échéance. C’est le genre de perte parfaitement évitable qui se produit chaque année, souvent chez des gens qui avaient pourtant tous les documents en main.
Ce que vaut la subvention thermopompe Hydro-Québec en août 2026
Un dernier avertissement, et il vaut pour tout ce que vous lisez sur le sujet. Les barèmes de LogisVert changent plusieurs fois par année. La mesure combinant thermopompe à très haute efficacité et travaux de calfeutrage a été retirée le 25 août 2025. Le seuil de certification a bougé en novembre 2025. La bonification multilogements est arrivée en juin 2026.
Les montants cités dans ce texte sont ceux en vigueur en août 2026, tirés directement des pages officielles. Avant d’engager une dépense, revérifiez à la source. Un entrepreneur qui vous garantit par écrit un montant précis avant même d’avoir identifié le modèle et sa capacité à moins 8 degrés vous promet quelque chose qui ne lui appartient pas.